Les années 2002 à 2008 furent pour moi des années d'exploration, de mes propres limites d'abord, puis de celles du monde, du Mexique, du Japon, de la Chine.
Entre deux périodes de confusion tantôt comique, tantôt catastrophique, l'écriture venait poser des limites bien nécessaires et jouait un rôle de fil conducteur. Si j'écrivais des poèmes, c'était le signe qu'en vérité tout allait bien et qu'en dépit des apparences la vie suivait son cours.
Ces textes sont à prendre à la fois comme une chronique et comme une succession d'instants où la vie et lemonde sensible pouvaient se dire et se décrire. Dire l'indicible, il n'en était pas question. Il fallait au contraire que les choses soient dites, et aussi ce qu'elles
inspirent: le bonheur, l'amitié, le sentiment de la beauté (eh oui, elle existe), le scepticisme, et la peur et la haine parfois.
Anne Talvaz vit en région parisienne, où elle exerce le métier de traductrice commerciale. Elle a vécu en Chine et au Brésil.
“Tous les meilleurs poèmes ont déjà été pris ”
L.R.J.O.T., 14 novembre 2007
Propulsé à travers les galaxies et le redressement
des torts, aux oreilles la symphonie
du mot juste, et qui touche, et qui touche,
et qui touche des sphères à
quatre millions d'années-lumière, et met le doigt dessus
Descendu en apnée au plancher de la Fosse Atlantique
voir frayer les méduses avec les épaves,
les étoiles
Dans le passé aussi tu fus prince, te mouvant
agile entre la pesanteur des ors
et des langues que personne ne prononce plus, né pour un pouvoir
que je ne peux décrire faute de savoir de quoi il retourne
Et dans l'arrière-boutique de l'âme humaine,
une bougie à la main,
tu cherches, tu cherches, tu cherches un homme
et comme tu le dis si bien “si t'es un poète
t'es dans la merde si t'as pas d'imagination”
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