 |
|
Comme en remontant un fleuve
Jean-Pierre Faye
choix de poèmes - collection Faut Suivre
ISBN 978-2-35513-056-4
366 pages, 15 X 21 cm, 25 €

|
Ici le livre commence à l’envers du temps.
De Sara Gemma à Fleuve renversé – il remonte vers le commencement – jusqu’au jour d’une violence furieuse –
en passant par éclat rançon. maison à deux genoux. la Sorte. désert fleuve respirés. le livre du vrai. guerre trouvée. le livre de Lioube. lou des forêts. Syeeda. verres. couleurs pliées -.
poème, c’est comment ? comme on arrête la vibration, quand elle met à nu l’écriture. et comme on voit la langue, quand elle touche les choses mêmes. ou quand le son est tout au bord
– les livres sont inclus les uns dans les autres :
les yeux et les corps aussi
– depuis l’année 2010 jusqu’à septembre 1939 –
|
|
Toute chose du monde
-------------------------------------->
Inédit, 2009
 |
|
je dirai
toute chose sur quoi s’ouvre regard
et la vue qui est devenue visage
quand il criait un monde
ce qui le liait au corps
pris à la gorge par d’autres
corps découverts et même
dénudés tout au long du chemin
dressés sur des cavernes de chiens égorgés
débouchant sur la mer par
le faucon qui rompt l’espace
et les guêpes de sang
................................................car elle
ne s’est pas donnée, mais elle
s’est fait prendre
................................................par
le vu, et par le
ressaut des choses
elle commence tassée sur les cris futurs
écrite sur un poème tiré poils contre
poils et fibreux en forme de chienne
mangeuse de taureau à l’oeil rouge
épinglé à la voûte des éclats, et
aux rouleaux de la mer en fil de quartz
sur la pierre inestimable et le soleil purgé
du fait des plaisirs en son lit. contre
le corps le plus vif et le feu qui piège
toutes formes, hêtre et faine, agar et sara
hors de la ligature des soleils
je vous demande la poursuite d’empreinte
et la puissance d’outrer le plus vivant
par les filles couchées en océan, tramées
franchissant l’espace, non par
bâteaux ou chemins, mais
par récit. contant une voix non connue
chemin de taupe et sans trace, autre
que le tas de terre friable écroulé
où s’écrie le cri inouï, l’empreinte
d’intention sur le son la contrainte violentée
par vautour : corps plongé consumé
donné en fusions. mis en rivage
ravage, aboyé de rire
her wild hollow hoarlight hung to the height
and hoarwhore. là où
notre nuit déferle et achève
je commencerai à voir la face enfouie
dans l’ivre le commencement l’éclat
alors il va reparler encore, et
de l’hirondelle possédée
du tout premier visage, aussi
beau que l’enfant prêt à être
coupé en deux
|