I
empreinte de mon sexe
tirée sur vergé
rien ne consent autant au secret
qu’un sexe de femme
(le fin fond d’un livre
sa complexité
d’écorchure)
mon sexe d’encre est d’azur
pénombre
et bleu m’apparaît
sous les traits d’un autre
à tout prendre : un astrakan
II
les figures qu’on croyait mortes
changent de profils
se meuvent imperceptiblement un ciel dévore
l’autre la fleur sombre
autour
des plaies de l’ange tourne comme une
mouche bleue
donne
la définition juste de l’entraille
du don physique
il y a des guêpes aussi
le ciel qui reste est plein
de ces petits insectes acides tués au vol chacun
son tour
III
la tournure que prennent les choses
une fois le geste accompli pour peu
qu’un grand Pélican naisse
à notre rencontre
les ailes fortement arquées
dans l’air et le bec long ramené
sur sa poitrine
il flotte autour de lui
un effet d’eau lourde
de marée noire déchirée
par endroit de sorte qu’elle apparaît
blanche aussi la mer et
parcourue de sombres
filaments en forme de formules
d’attaches parisiennes de clous de girofle
qui ne nous disent rien d’abord mais qui sont
la nourriture de l’oiseau
IV
ce que la tache a de visage humain
le dissimule en museau
en gueule de loup foncièrement ouverte aux plaies
je ne puis rendre à l’homme
qu’à travers un masque un son émis derrière
une encre plus dense
c’est que le visage échappe
et l’expression de la plaie ne peut
rien montrer