Mémoire, trace, instant décisif, ombre, lumière, ... autant de mots qui ont nourri nos spéculations sur la photographie. Une pratique qui a été pour nous une réponse à une démarche introspective tout autant qu’un désir d’altérité.
La caméra obscura a été, et demeure, l’instrument par excellence de la «révélation» et de la «fixation» de la réalité telle qu’elle se manifeste à nos yeux.
À ce titre, l’image qui en procède, représente tout à la fois une trace de vie et un fragment de temps.
Dans ce processus, l’autre, le sujet au sens large, joue un rôle fondamental. Il agit comme un miroir, nous renvoyant à nos propres interrogations et en definitive à la question «Qui suis-je?».
Jusqu’à quel point cet autre, jamais figé, toujours évanescent, n’est pas un aspect inconnu de nous même ? À cette question, seule l’expérience intime peut répondre.
Avec le temps, ces projets photographiques, déjà anciens, nous sont apparus comme un processus fécondant qui a permis une maturation du regard: un cheminement qui nous a fait entrevoir que derrière le «je», étriqué et individualiste, se trouvait un «nous», libérateur et ouvert sur l'universel : c'est ce à quoi nous voulons inviter par ce livre-témoignage.
La série des «Grand-Parents» d’Ahmed Bouyerdene a été réalisée en Algérie entre 1991 et 1993.
La série sur les enfants de Nordine Chakri remonte aux années 1992-1993.