S’il me fallait résumer cette histoire abracadabrante, lecteur, je te dirais, en commençant par la fin, que le héros de la farce, qui est également son héroïne, se plaît à rêvasser à un projet démesuré après lequel l’humanité ne sera plus jamais la même. Il faudrait ajouter deux trois mots au sujet d’Hélène, la grande absente de ce livre qui y tient le rôle principal. Dans la panique, j’ai oublié de te dire que Marguerite Jean Faust s’est nommée Marguerite tout court jusqu’à sa treizième année; elle était une fille intelligente et un peu léthargique certes, mais tout à fait ordinaire si l’on excepte le voyage en éprouvette qu’elle fit avant sa naissance au paradis terrestre. Depuis, rien ne l’amuse ni ne l’intéresse; elle est contrainte pour ne pas mourir d’ennui de s’adonner aux plus spectaculaires et triviales folies, ce qui est absolument à pleurer. Tu me diras que mon récit n’a ni queue ni tête et tu n’auras pas tort, je rends compte de tout cela fort mal, à croire que je ne suis pas l’auteur de ce livre (...)
Isabelle Zribi
