Ce nouveau livre d’Hélène Sanguinetti offre un ensemble rythmé d’une grande cohérence. Il s’agit d’un long poème d’une centaine de pages organisé en 7 sections. Long poème à plusieurs voix, révélées par un mélange de «genres», de registres, et un «appareil typographique», propres à l’écriture d’hélène sanguinetti et évidemment porteurs de sens : tout nouveau poème est en effet une Aventure qui se déploie dans un espace et un temps immenses, et c’est l’aventure de l’être mortel que nous sommes, fait de pièces et de morceaux d’univers. Mais la voix qui nous «reste» ici, sorte de figure tutélaire de l’oeuvre, qui lui a d’ailleurs donné son titre (à l’ambiguïté féconde), est celle d’Alparegho. tre étrange, appartenant semble-t-il à tous les règnes, - ou sujet à toutes les métamorphoses - autant animal que végétal, humain ou minéral. Étrange et étranger ou exilé, souffrant et renaissant à la fois. A la recherche de quelque chose qui pourrait être une nouvelle force issue d’un monde désastreux, et, dans le même temps, n’y croyant absolument pas. La seule condition du vivant étant de disparaître, reste la réalité dure et vraie. Et, en filigrane : qui nous suivra ? que restera-t-il de nous ? que peut le poème ?
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