Avec des « contes en rêve », Serge Ritman écrit des histoires de princesses où il mêle les mouvements de l’amour éperdu à la critique des manières intellectuelles. Le tout dans un château célèbre pour l’histoire récente de l’intelligentsia française : celui de Cerisy-la-Salle (Manche) qui accueille colloques et autres rencontres. Il y a donc de la fable dans ce livre qui va à la ligne en riant des bonnes leçons que donnent la vie et l’amour à ceux qui croient tout savoir. Dans cette narration féerique, l’emportement met le château de la pensée au régime du chaos amoureux. Ces « contes en rêve » de Serge Ritman se lisent alors comme un grand coup d’air frais dans la poésie contemporaine autre château tout en réchauffant les coeurs et en brûlant les moeurs. Ma Retenue est un livre qui emmène son lecteur loin dans l’énigme de nos vies amoureuses au coeur d’une société sans pudeur, loin dans l’écriture de nos relations sociales au coeur d’une histoire d’amour sans fin.
incipit du livre
Vies de château
il était une fois une princesse qui manquait de
tenue quand un prince charmant la dénuda
du regard elle rougit et le lui offrit sans aucune
retenue
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le narrateur du conte a retenu ce dialogue sans bien savoir qui dit
quoi à qui
c’est l’interlocuteur qui invente alors le vrai dialogue
« tu retiens quoi »
« ma pudeur est ce que j’ai de plus obscène »
« comme la première fois tu m’as comme retenue avec notre nudité »
« parle-moi tout pendant »
« je ne te retiens surtout pas de me retenir »
« tu m’as pourtant connue »
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une autre fois le prince ayant perdu son charme le retrouva tout nu
dans les bras de la princesse qui l’habillait de sa retenue
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une dernière fois la princesse dit au prince que la première fois sera
la bonne mais la retenue recommence toujours dès qu’elle lui dit :
« les yeux dans les yeux »
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« pourtant je suis toujours prompt à l’envie »
répond la princesse au prince sans rire qui venait de penser tout haut
« les baisers écrits ne parviennent pas à destination, les fantômes les boivent en route »
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il était encore une fois une princesse dans un château
la princesse avait plusieurs vies de retenue
le prince du conte ne manqua pas alors de lui adresser des baisers
qui disent toujours
« Je suis une page sous ta plume »