La peinture lettrée
Pièges et chinoiseries
Michel Pouille
essai
ISBN 2-87661-324-7
168 p., 21 x 15 cm, 17 €
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essais et chroniques
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L’orientation générale de cet essai, qui ne saurait nullement prétendre au sérieux d’une étude sinologique, en résulte : par le biais de quelques concepts choisis, il vise à interroger, de manière très libre, ce qui nous interroge en retour avec le plus d’insistance. Il s’agit de voir ce qui bouge le plus, et ce qui résiste le plus, si l’on tente d’appliquer aux pratiques artistiques une stratégie de déstabilisation réciproque, inspirée de celle qu’a introduite François Jullien dans le domaine philosophique :un point de vue alterné de l’Europe sur la Chine et de la Chine sur l’Europe, un va-et-vient patient d’une rive à l’autre, d’un paysage mental à l’autre, sans jamais se laisser arrêter par aucune préférence définitive.
Le néophyte qui s’avance à tâtons sur un tel chemin risque fort de s’y égarer. La vertigineuse étrangeté de la Chine ancienne, sa prodigieuse extra-territorialité culturelle, historique et géographique lui apparaissent à la fois comme autant d’atouts à exploiter, et de pièges à éviter. Car le Céleste Empire est si vaste, et si lointain, qu’il est au moins aussi difficile d’en sortir que d’y entrer, d’en revenir que de s’y rendre. Or, c’est justement l’aller-retour qui fait ici notre affaire : le rêve d’une nouvelle Route de la Soie, en quelque sorte, à l’usage des aventuriers du XXIe siècle. Ou beaucoup plus modestement, un petit tour du côté de la Grande Muraille, quelque part entre la non-Chine et la non-Europe, beaux-arts et belles-lettres, douane et contrebande : il y a là, assurément, un champ de fouilles assez vaste, et encore assez neuf, pour que le plus ignorant des chineurs puisse espérer y faire avec un brin de flair, de chance et de jugeote d’étonnantes trouvailles.
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