prose contemporaine
ISBN 2-87661-304-2
224 p., 21 x 15 cm, 19 €
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Xavier Maurel
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incipit du livre
Pierres et plaines, vers le ruisseau. L’arbre se souvient, et répète que fut le jour jeune encore, le plus jeune.
Est-ce à l’oreille dès l’aube le premier exil ?
Serait-il donc venu, celui qui ne devait pas venir ? Sa mort fut la main cherchant dans le ciel une mort, une main, non pour tirer à soi, bien que perdue restituant.
Où est le commencement ? Nous pensons à Thomas, se détournant de la mer vers la mer et devenant la main liquide, presque sans retour. Découvrant plusieurs visages, lumière hu-mide, courage et sang sur la peau.
« OR, IL FAUT QUE TU SOIS INSTRUIT DE TOUT... »
Seules les langues pouvaient nourrir, et non les mains.
Ce n’est qu’un mot courbé sur les pensées : agenouillé, c’est un enfant. Ici demeurons-nous, noires alluvions roulées dans une voix. Ici, où la terre est plus sombre, la lumière se voile par sagesse ; peu de douceur à la lisière de la mer : presque-un objet, encore.
Et pourtant voici, qu’y eut-il entre la mer et nous, qu’y eut-il si ce n’est le ciel, d’où retomba, connaissant notre destin mieux que nous pâquis fleuri de lilas noir , cette pluie sortant d’une bouche ?
Apprends quelles fleurs, éteintes par le souffle et les voix, froissèrent les couleurs ployées du chant dont le chemin demeure. Entends les injures et les louanges aux lèvres, et ton nom, et le tressautement des anges qui savent où vont les songes les huées les plaintes les grands murmures, et dont le pleurer même est un mouvement.
« ... DU COEUR SANS TREMBLEMENT DE LA VÉRITÉ, ... »
Deuxième visage, seconde mère.
Regarde vers l’insensé nocturne et la blancheur, vers la barque des astres : la nuit n’était pas un signe alors ignoré de la lumière, avant qu’elle ne fût gauche sous le Soleil, qu’elle ne fût souillée de NUIT.
Mais, du domaine et de tout, texte, peinture, tu te souviendras, voussure infinie.
Un point de lumière à l’oreille. Cependant, ton visage noirci nous effaçait ; pour arriver, c’est-à-dire à rien, au tout dernier, dans le noir d’une beauté du noir, phrase simple dans l’obscurité, il te fallut, parlant une langue de geste, te tordre, et rouler le galet-coeur entre langue et palais.
Tombe, mémoire empêchée, tombe son pas de poussière le fallait-il ?
« ... SPHÈRE ACCOMPLIE, ... »
Vois : méchant pouvait être belle.
L’ombre des peupliers. Il sait : en suspens se tient attentif le geai qui interroge ; il ne veut pas le troubler, il fait son pied plus attentif encore, s’éloigne.
Il imagine un premier mot, tard venu, un enfant-mot liquide, qui déborde les dents et laisse aux lèvres de quoi donner un double à la lumière. S’il demande à parler, c’est ici rien de deux qui partagent.
Son souffle peine à quitter le sombre bord ; nul ne le voit mourir à sa mort et, nouvellement, il ne suscitera que plaies et vapeur, tours et retours que séparent deux fois deux bras meurtris, deux étoffes blanchies où ce qui s’empreint reste sur la terre.
Ce n’est pas un mot, c’est un homme. Le ciel, bouche mouillée de pluie, se détache du ciel, et l’homme aux plusieurs hommes abandonne les montagnes.
Est-ce à l’oreille le coeur sans tremblement de la vérité ? Ou est-ce le commencement ?
Voir, dans la nuit, seule venue, le coeur remis aux hommes.
Ce fut fausse joie et tremblement, hasard de la lumière. Une chose facile : photographie, et tout ce présent prononcé pas.
« ... MAIS AUSSI DE CE QU'ONT EN VUE LES MORTELS, OU L'ON NE PEUT SE FIER À RIEN DE VRAI. »
N’y eut-il une manière d’étai qui pût porter comme le bienfait d’une main, d’une mort ?
À mourir alors, reprendre son chemin, lui suffirait une pierre blanche, un cheveu, perdu, puis recouvré, puis perdu.
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