Couper les tiges est le premier et singulier recueil de Virginie Lalucq, jeune femme-poète se livrant sèchement (mais avec jubilation) à un travail de dégraissage de l'écriture poétique, ou plutôt, comme le titre l'indique, à une activité d'élagation de l'écriture par l'écriture, consistant à résister, à s'opposer ironiquement à l'accomplissement "naturel" du poème, à aller à l'encontre de son propre mouvement métaphorique, sans qu'il soit pourtant question de castrer qui que ce fut, et surtout pas les mots. Dans ces pages, l'infinitif est présent au même titre que les fleurs... Ce que préfère cette surprenante jeune poète-fleuriste, dans son métier ? Oui, couper les tiges. Clouer leur bec aux mots.
