Giordano Bruno est l’un des plus grands philosophes de la Renaissance. Il a non seulement profondément influencé et marqué son temps, mais il est toujours aujourd’hui un repaire majeur pour envisager l’une des périodes les plus fécondes de la pensée occidentale.
En 1587, Giordano Bruno est à Wittenberg où il achève la Lampas triginta statuarum, d’où est tiré le De opposita superna triade. L’ouvrage, qui ne sera publié à titre posthume qu’en 1891, en Italie, n’a jamais été traduit en français. Outre le texte original latin et sa traduction, on trouvera dans ce volume des notes explicatives ainsi qu’une ample introduction qui resitue l’auteur et son contexte.
Nourri des Anciens, Giordano Bruno compose ici un Art de la mémoire à la fois poétique et philosophique, lieu de commémoration de tous les savoirs et plus encore occasion de l’avènement de l’homme universel. L’esprit de la Renaissance fonde cet Art de la recherche qui jette des ponts entre les différents moments de la Philosophie.
Esprit pérégrin dont on suit la trace de Venise à Genève, d’Oxford à Wittenberg, de Francfort à Padoue, Bruno promeut le mouvement, la vicissitude et les métamorphoses à la dignité de Philosophie, quitte à faire de l’idée de réforme l’exercice permanent de la pensée. De brouiller cartes, cadastres et frontières, Bruno invite à la circulation de tous les savoirs contre les distinctions institutionnelles. Rétif à l’unidimensionnel et résolument intempestif, Bruno connaîtra l’honneur d’une triple excommunication, avant d’être brûlé par l’Inquisition le 17 février 1600 à Rome. Sa statue orne toujours le Campo dei Fiori à Rome.