Je désavoue la porte que je vis s’ouvrir
entre la glace et la douceur
durant quel long sommeil
par quelle vitre
embrumée d’infini
Nulle clé d’or ne fut trouvée disent-ils
et l’automne
l’automne
qui va couvrir les villes
***
C’est la forêt qui calme les bêtes traquées blessées craignant encore
C’est l’épaisseur comme aux pôles la neige pour que n’existe plus aucun autre horizon
que ce vide consolant qui un temps sur la vie l’emporte
et où tout s’enroule et s’endort dans le creux de tout
***
Hiver très long dans la mansarde
où gît relique d’ancien moi
quoi
branche noire
quoi
cantique
de rameaux muets
***
Parlons pas même langue
de douleur
frère
qui les autres
oublié dictionnaire
Mots des maux
des modes
miracle
dans cinq cents ans peut-être
comme certains poèmes
de Rutebeuf
***
Toujours le silence
vertige étreint par le bruit de l’horloge
espace de blanc possible
battement
premier
dernier
***
Voici les temps du mal
voici
les bois glacés
bouche déserte
piège
on frappe aux cloisons mortes
on désespère des sésames
***
Ne bouge pas mon ombre
non
rien
là tout au bord
ne te fait signe
regard de sel
doigts déchirés
sur l’éternelle porte de corne
ce n’est que moi-même
qui ai roulé dans l’angle
Qu’est-ce que je ferai
faut faire
air
couperai arbre là
gardien
de l’étouffant
le traînerai
vers l’orée bleue
le dresserai
tout en attente
inventerai prière
pure
sur les marches de
quelque ogive
comme d’enfance
ou bien d’avant
ou bien du temps
des candélabres
et
mur d’échos
triangle de flamme
et de reflet
érigerai
feuillage
sûr
de haute plainte
géométrie
sévère
hiéroglyphes d’issues