Cette poésie appartient au lyrisme.
Les comédiens disent que pour bien marcher sur la scène, il leur faut trouver en eux-mêmes une musique sur laquelle il règleront leurs pas. Ce que j’ai cherché et fini peut-être par atteindre, cette musique sur laquelle marcher «dans ce genre de phrases brisées», la langue de poésie. Donc lyrique. Je ne vois pas pourquoi j’aurais honte d’être «lyrique», si par lyrisme on désigne une expression personnelle et musicale de l’émotion. Je récuse une tendance actuelle qui voudrait exclure le «sujet» du poème. Mais je veille à ce que cette émotion soit une émotion concrète, c’est à dire ni pathétique, ni précieuse, mais qui soit, profondément, une «mise en mouvement de l’être», au contact du réel.
